Stefano est en train de restaurer un moteur de motocyclette, mais des pièces sont manquantes. Il s’agit de caches soupapes, sorte de bagues munies de bossages, en aluminium.  Pour obtenir les reproductions en « bonne matière » Stefano me fournit un tirage résine de la pièce. Auparavant des essais avec des tirages plâtre ont été infructueux. En effet les épaisseurs de paroi sont fines et la pièce ne comporte pas de dépouille. De plus le plan de joint est assez compliqué. Même avec le tirage résine, le résultat n’est pas satisfaisant car au démoulage il se produit invariablement beaucoup d’arrachements de sable.

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Modèle résine et pièce

Dans ces conditions le fondeur pense tout de suite: cire perdue. Qu’a cela ne tienne!

J’aurais pu demandé à Stefano de couler la cire dans le moule élastomère qui lui a servi à faire les précédents tirages. Cependant je voulais me lancer dans une autre expérimentation. Avec l’usine.io nous avons décidé de tester le moldlay en vue de collaborations futures. Ce filament d’impression 3D est censé avoir des caractéristiques proches de celles de la cire de moulage. La nouvelle histoire commence donc par une modélisation 3D de la pièce garnie des ses artifices de coulée (masselottes, descente, évent, chenal et attaques):

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Modèle 3D du cache soupapes avec artifices de coulée

Ellipse temporelle sur le process de moulage au modèle perdu, nous voilà au résultat. Conclusion: pas terrible.

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A gauche le modèle, à droite le tirage en AS7G03

Le moulage a été fait en bloc plâtre. On constate un certain nombre de défauts rédhibitoires, principalement des mal-venues. C’est ainsi que se nomment les trous dans la pièces qui sont dus a des problèmes de remplissage. Pour faire simple, le métal n’a pas rempli toute l’empreinte. On remarque que les bossages ont des arrêtes moins saillantes que sur le modèle, il s’agit du même phénomène. Cependant certaines cavités pourraient aussi s’expliquer par la présence de corps étrangers dans l’empreinte: plâtre ou plastique résiduel… difficile d’incriminer le moldlay plus ou moins que le fondeur, ce qui est sûr c’est que la hauteur de remplissage (différence entre la hauteur du point le plus haut de la pièce et celle de l’entonnoir de coulée) n’est pas suffisante.

D’autres essais sont en cours pour qualifier le moldlay et le comparer à l’ABS (plastique standard en impression 3D). Malgré cela et pour gagner du temps une deuxième solution a été développée.

Si on rajoute des dépouilles, la pièce devient facile à mouler. Maintenant que le modèle numérique est fait, c’est l’affaire de quelques cliques. Tant qu’à faire, pour simplifier encore le moulage, je rajoute une couche. A ne pas confondre avec la couche qui sert a enduire une empreinte afin d’obtenir un meilleur état de surface, la couche est un outillage qui permet de s’affranchir de la réalisation d’une fausse partie…. A ce stade de la rédaction je me rends compte que ça devient assez technique. Si vous avez besoin d’un rappel sur ce qu’est un plan de joint et une fausse partie : c’est et . Quant au fonctionnement de la chose, j’arrête ici les longs discours, et place au photos (ce sera plus parlant).

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Couche à gauche, modèle à droite

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Modèle sur sa couche

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Demi moule du bas, une petite squatteuse s’est rajoutée à l’opération 🙂

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Le moule, juste avant remoulage

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juste après la coulée

NDLR: Dans la précipitation j’ai mis la pièce finie à la poste en oubliant la photo ^_^