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Les ingénieurs Matériaux ne le répètent jamais assez : 80% des ruptures d’un matériau en service sont dues à la fatigue. La fatigue c’est quoi ? C’est lorsque qu’une pièce est soumise à une sollicitation périodique et inférieure à sa contrainte maximale admissible. Pour faire simple : tirez une fois sur la poignée, elle tient le coup, tirez 10000 fois…   Cette pauvre espagnolette en a fait les frais :

Crémone0

espagnolette dans sa fausse partie en sable – la partie cassée est en haut

Je commence à l’aide d’argile par reconstituer la forme de la partie cassée, directement sur la pièce:
Crémone01

Sur les prises de vue suivantes la réparation n’est pas présente, il s’agit en fait de différents moulages, pour celui-ci, j’ai directement taillé dans le sable l’empreinte de la partie à reconstituer. Les deux techniques se valent.

On attaque la partie moulage à proprement parler. La géométrie de la pièce nécessite une fausse partie car le plan de joint est gauche. De plus la pièce ne démoule pas, j’utilise donc un noyau de paroi, aussi nommé « motte battue »
Crémone1

Je moule ensuite ce qui deviendra le dessous.Crémone2

A gauche la fausse partie – à droite le dessous avec le modèle et le noyau

Il ne reste plus qu’à mouler le dessus, et remmouler la motte battue dans le dessous. On taille le système de coulée et après c’est un peu toujours la même histoire.Crémone4

La pièce originale, issue d’un château de marquis (d’où la couronne) du XVIIIème, était en fonte. Pour le proto, je coule la pièce en AlSi7Mg03, un alliage d’aluminium qui atteint de bonnes propriétés mécaniques après traitement thermique. Crémone5
Il ne reste plus qu’à usiner l’alésage dans la partie restaurée. La suite? L’achat d’un creuset en SiC (carbure de silicium) devrait me permettre de couler de la fonte, si toutefois le four monte assez haut en température… suspens. En attendant, l’usage montrera si l’alliage d’aluminium tient la route.